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| La Vie du Rotary Club de Lannion |
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Quimper : Faïence, Pottery, Earthenware. par Pierre Bedel |
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| Visite de la faïencerie de Quimper, avec notre Club contact : Helston. |
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De-ci de là, cahin-caha, à Quimper, le car vert au musée de la faïence nous mena, au fond d'une petite ruelle, du genre réservée aux initiés. |
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Une collection étonnante de faïence disent les français, earthenware pour les anglais et pottery pour les américains, trois mots pour trois pays pour dire la même chose bien entendu. |
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Un guide bilingue et céramiste et également écrivain lui même, nous fit partager une petite partie de ses connaissances, techniques et historiques, sur les sources profondes de la faïence quimpéroise. |
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| C'est ainsi que la terre qui dès le départ donna naissance aux faïences de Quimper (extraite d'une crique au bord de l'Odet et autrefois véhiculée sur l'eau de la même Odet), permettant, suivant le degré de cuisson (sous la direction et la haute autorité du fournier, dont dépendait donc, la vie de la faïencerie). |
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| Le dit susnommé était hautement responsable de la fin des fabrications, à cause bien entendu de la conduite du four à l'époque au bois, (n'est ce pas Jean-Pierre !). Imaginons si faire se peut, le nombre de cordes qui ont du partir en calories et en fumée. |
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| Cette même terre des bords de l'Odet permettait si on la cuisait assez haut, de fermer sa structure, qui n'étant plus poreuse ne laissait plus filtrer les liquides (stoneware disent nos amis en Cornouaille) pour nous du grès. D'après notre visite il semble qu'à l'heure actuelle on ne fasse plus que de la faïence et de la terre cuite pour quelques sculptures dans une belle terre ferrugineuse de couleur ocre. |
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| Actuellement toujours l'argile est mélangée à de la silice, du talc, de la dolomite et parfois du verre broyé. |
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L'étendue des techniques est aussi étonnante et très élevée. On citera : la terre cuite donc, divers objets pour la table ou les murs (la liste est longue) citons tout de même pour les différentes techniques : le décor d'oxydes sous émail transparent, à l'engobe appliquée à la poire (pour le décor tubé) ou au pinceau, dans le premier cas le décor donne généralement un léger relief. |
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Quelquefois on a préfèré les décors d'oxydes sur émail stannifère d'un beau blanc. L'accord entre la terre et l'émail semble parfait : pas de tréssaillage ni d'écaillage bien entendu. |
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Les colorants était et sont encore : le cobalt pour les bleus, le cuivre pour les verts, le fer donne des jaunes et des bruns, différents de celui du manganèse qui lui, donne entre autre un brun aubergine, le chrome offre un vert olive. |
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| Actuellement l'on fabrique des jaunes, oranges et rouges très vif au sélénium. N'oublions pas un très bel orange opaque à l'oxyde d'uranium. Le blanc lui était obtenu (pour le décor sur stannifère) avec un mélange de calcine de plomb et d'étain, qui est également un opacifiant. A l'heure actuelle on utilise également du zircon, entrant comme l'étain dans les formules de blanc. |
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Les émaux peuvent s'appliquer par trempage, au pistolet, ou au pinceau. |
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Les décors d'oxydes eux s'utilisent : au pinceau, à l éponge, au pochoir, ou au pistolet. Il ne semble pas que Quimper ait produit des assiettes ou autres contenants ornés de décors gravés, comme dans certaines régions de France ou hors de nos frontières. Certains décors étaient fortement inspirés par quelques très belles faïences de Rouen ; on citera les décors à la touche, à lambrequins, aux guirlandes, aux torsades, niellés ou à la chaînette, on n'oubliera pas également les faïences parlantes avec leurs devises ou proverbes. Saint Antoine patron des potiers était parfois représenté avec un petit cochon. |
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| Pour revenir au départ de la fabrication, la terre extraite à la bêche était déposée aux usines, puis délayée dans de grandes cuves, pour obtenir une barbotine tamisable, mise à décanter, pour en enlever l'excès d'eau et ainsi épurée, était légèrement séchée pour obtenir une consistance pâteuse. |
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| Ensuite elle était foulée aux pieds pour rendre sa consistance plus homogène et en resserrer les molécules. Elle pouvait alors être estampée dans des moules en plâtre sous forme de croûte roulée sur une table. Ou encore délayée avec des défloculents (carbonate et silicate de soude) et versée dans des moules en plâtre. Il reste encore la méthode la plus spectaculaire, le travail au tour à pied, avec lequel des potiers très exercés produisaient des séries de contenants de même taille et capacité. |
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| Certains de ces tours étaient fabriqués avec une roue de charrette, étaient nommés tour à vache. Le mouvement giratoire était produit par un bâton qui prenait appui sur les rayons de la dite-roue. |
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Les petits facétieux prétendaient que de maladroits apprentis, ou les mal-aimés des korrigans recevaient parfois le bâton dans la figure, quand mal utilisé il se coinçait dans les rayons de la roue. |
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Les gestes du tourneur en poterie semblent étonnamment simples et naturels, mais qui n'a jamais essayé ne peut se rendre compte de la difficulté de leur acquisition et du très long temps nécessaire pour les posséder vraiment. Un tourneur digne de ce nom doit être capable de réaliser une série de même taille et de même capacités, les plus grands récipients étaient tournés en plusieurs morceaux et légèrement raffermis, assemblés et collés avec un peu de barbotine. Ceux qui n'étaient pas tournés pouvaient être montés aux colombins. |
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Notre guide descendant de céramiste par son père et son grand-père devait avoir quelque barbotine qui lui coulait dans les veines ! Il a rédigé pour les éditions du télégramme une plaquette sur les faïences de Quimper et en cours de réalisation bien avancée une encyclopédie de la céramique, chacun des quatre volumes je crois, est consacré à une époque et sont également illustrés. |
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Un seul regret dans ce musée : pas de cartes des plus belles pièces au goût de chacun. Cela engage trop de frais, à cause des quantités demandées par les éditeurs. |
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En route, en attendant d'autres plaisirs demain dans le churchyard de Tréduder, avec un autre guide de notre groupe. |
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| Pierre Bedel |
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